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CHEMIN DE CROIX, EN SALLES LE 29 OCTOBRE

LE CHEMIN DE CROIX SELON DIETRICH BRUGGEMANN
EN SALLES LE 29 OCTOBRE

À quoi ressemblerait la vie d’un saint aujourd’hui ?  Dietrich Bruggemann a posé sa caméra au cœur de l’intégrisme catholique tel qu’il se développe en Allemagne. On suit le destin d’une jeune adolescente de 14 ans qui aspire à la sainteté. La culpabilité et la désocialisation radicale que lui impose sa communauté vont nourrir cette ambition singulière, destructrice et incompréhensible. Dans le chaudron que représente la « fraternité sacerdotale Saint-Pie X », dans cette communauté réfractaire aux ouvertures de Vatican II,  Dietrich Brüggermann filme au vitriol, dans un scénario à la logique implacable, les 14 stations du chemin de croix de Maria. 

 

Closevent : Vous abordez l’intégrisme catholique, peu montré au cinéma. Est-ce une réalité tangible ? Une tendance qui se développe aujourd’hui ?

DB : selon moi, les mécanismes de l’intégrisme religieux sont similaires ; bien sûr , il y a des différences entre l’intégrisme Hindou, le jihad…. Il s’exprime avant tout  par une privation de liberté, de plaisir, par la subordination des femmes. Cela remonte à Calvin à Genève au 15ème siècle avec un régime de quasi-terreur où l’on vérifiait dans les maisons que les femmes étaient voilées et ne portaient pas de bijoux. Dans ce film, je ne dis pas que les extrémistes catholiques se ressemblent tous ; on est dans une famille avec une certaine gouvernance. On trouve bien-sûr des catholiques traditionalistes très heureux.

 

Closevent : vous campez votre film au cœur d’une communauté socialement intégrée. Etait-ce important pour vous de montrer le radicalisme religieux au sein d’une famille plutôt que dans un monastère ?

DB : il était crucial pour moi de montrer comment les membres de la famille communiquent entre eux, en particulier la relation entre la mère et la fille. À 14 ans, les adolescents ont une certaine vulnérabilité. Ils n’existent pas complètement en tant que personne et sont dépendants de leurs parents. Le devenir de Marie, cette jeune adolescente, est réglé dès la première scène. C’est une séance de catéchèse très réaliste.  En écrivant sur l’écran « Jésus est condamné à mort » (première étape du chemin de croix) je pose un jugement dur et provocateur. Je pense que cela clarifie également une certaine façon dont l’endoctrinement se met en place. Le prêtre est l’opposé de la vie. Il explique tout et ne laisse aucune place à la construction individuelle, aux doutes, aux réflexions, aux ouvertures. C’est la mort, une certaine forme de nécrophilie. 

 

Closevent : le film est structuré en 14 plans séquences qui font échos aux 14 étapes du chemin de croix. Pourquoi ce choix extrêmement difficile pour vous et les acteurs ?

DB : c’est une façon de filmer que j’exploite depuis mes premiers films. Au départ, parce que nous avions peu de budget mais aussi pour des raisons artistiques. On pose la caméra, de façon presque laconique, sans jugement sur la scène en cours, comme un observateur neutre. Ces séquences longues _parfois de plus de 10 minutes_ vous obligent à vous surpasser et interdisent toute forme d’improvisation. Les scènes doivent fonctionner parfaitement et permettre de faire intéragir les acteurs sans les couper par de multiples raccords au montage. C’est une forme de vérité fascinante. Paradoxalement, les acteurs préfèrent les plans séquences. Ils ne sont pas coupés et contrôlent un peu plus leurs personnages. 

 

Closevent: quelle ont été les réactions du public ?

DB : souvent les gens de plus de 50 ans m’ont indiqué avoir vécu ce qui est présenté dans le film. De jeunes parents me disent parfois : « Ah, je me suis reconnu dans le personnage de la mère ». Les catholiques qui ont pu voir le film l’aiment, dans leur grande majorité, car ils connaissent ces formes d’extrémisme dont ils se sentent très éloignés. Le film a été montré à de nombreux festivals, ici en France. La réaction du public a été très forte. On a eu de très longs échanges après les projections. En Allemagne, le pays est très segmenté historiquement et religieusement. Le film aurait pu être tourné n’importe où. Ici, le caractère allemand, une personnalité peut-être plus stricte, jusqu’au-boutiste, avec le sentiment d’être à 100% dans le bon chemin m’a servi pour aller au bout de cette histoire. 


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